Dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale, une nouvelle contribution vient de voir le jour : la Contribution Financière pour l’Autonomie (CFA).
Son objectif est de financer le recrutement de personnels dans les EHPAD, face au vieillissement de la population.
Mais comme souvent, la facture ne tombe pas du ciel et cette fois-ci ce sont les investisseurs qui vont passer à la caisse.
À compter du 1er janvier 2026, le taux de CSG passe de 9,2 % à 10,6 %. Cette augmentation peut sembler modeste, mais elle a un impact direct sur la fiscalité de nos investissements et donc sur leur rendement net.
Dans cet article, voyons ensemble quels placements sont concernés par la hausse de la CSG, quel est son impact concret sur vos revenus financiers et comment limiter ses effets sur votre stratégie d’investissement.
La CSG, c'est quoi ?
CSG signifie Contribution Sociale Généralisée. Il s’agit d’un prélèvement obligatoire qui a été créé le 18 décembre 1990.
Son objectif est simple : financer la Sécurité sociale.
Elle permet notamment de payer :
- L’assurance maladie
- Les aides sociales
- Les retraites
- La prise en charge de la perte d’autonomie
La CSG est prélevée sur de nombreux types de revenus, notamment :
- Les revenus d'activité (salaires, indépendants, etc.)
- Les pensions de retraite
- Les allocations chômage
- Les revenus issus du patrimoine
Depuis sa création, le taux de la CSG a régulièrement augmenté. À l’origine, il était fixé à 1,1 %. Depuis le 1er janvier 2026, il atteint 10,6 % sur certains revenus financiers.
Quels placements sont concernés ?
Bonne nouvelle : tous les revenus ne sont pas concernés.
Mauvaise nouvelle : cela rend la fiscalité française encore plus complexe, fidèle à sa réputation.
La hausse de la CSG concerne uniquement les revenus issus du patrimoine, mais pas tous les placements.
Les placements non concernés par les prélèvements sociaux
Certains placements restent totalement exonérés de CSG.
C’est notamment le cas des livrets réglementés :
- Livret A
- LDDS
- LEP
Les revenus générés par ces placements échappent totalement aux prélèvements sociaux.
Les placements soumis aux prélèvements sociaux non impactés
D’autres placements sont soumis aux prélèvements sociaux, mais ne sont pas concernés par la hausse de la CSG :
- L'assurance vie
- Le PEL
- Les revenus fonciers issus de la location nue
- Les plus-values immobilières
Pour cette fois, ces sources de revenus échappent à la hausse récente de la CSG.
Les placements directement concernés par la hausse de la CSG
La hausse de la CSG s’applique aux revenus générés sur :
- Le compte-titres
- Le PEA
- Le PER semble également concerné, mais le texte de loi laisse planer le doute. N'ayant pas envie de vous raconter de bêtise, je ne vais donc pas le mentionner dans la suite de l'article
- LMNP
Dans la suite de cet article, je vais plus particulièrement m’intéresser au compte-titres et au PEA.
Ces deux enveloppes fiscales, détenues par de nombreux investisseurs français subissent l’augmentation de la CSG. La conséquence est évidente : une baisse de la rentabilité nette de ces placements.
Quel est l'impact de la hausse de la CSG sur nos investissements ?
Vous l’aurez compris, au 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux ont augmenté. Ils sont passés de 17,2 % à 18,6 %.
Cette hausse peut sembler limitée, mais son impact est bien réel sur la fiscalité des placements financiers concernés.
Jusqu’ici, la fiscalité était plutôt simple à retenir : la fameuse flat tax à 30 %.
Avec la hausse de la CSG, ce chiffre devient obsolète pour les placements concernés : la flat tax passe désormais à 31,4 %.
Elle se décompose ainsi :
- 12,8 % d’impôt sur le revenu
- 18,6 % de prélèvements sociaux
Résultat : chaque euro de revenu financier est un peu plus taxé qu’avant.
Le cas du compte-titres
Le compte-titres est l’enveloppe la plus exposée à cette hausse.
Pourquoi ?
Parce que la fiscalité s’applique au fil de l’eau :
- Les dividendes sont imposés à chaque versement
- Les plus-values sont taxées à chaque vente générant un gain
Avec des prélèvements sociaux plus élevés, le rendement net diminue mécaniquement.
Le cas du PEA
Le PEA reste mieux protégé.
Tant que l’argent reste dans le PEA :
- Les dividendes ne sont pas soumis aux prélèvements sociaux
- Les plus-values ne sont pas taxées
La hausse de la CSG n’a aucun impact immédiat.
Vous ne serez concerné que lors d’un retrait du PEA. À ce moment-là, les gains seront soumis aux prélèvements sociaux en vigueur, donc plus élevés qu’auparavant.
Hausse de la CSG : deux exemples chiffrés
Pour bien mesurer l’impact de la hausse de la CSG, rien ne vaut des exemples concrets.
Voici deux situations courantes pour les investisseurs.
Versement de dividendes sur un compte-titres
Vous détenez un ETF sur un compte-titres. Il vous verse 500 € de dividendes.
Jusqu’à présent, ces dividendes étaient soumis à la flat tax de 30 % :
- 12,8 % d’impôt sur le revenu
- 17,2 % de prélèvements sociaux
Le calcul était simple :
500 × 30 % = 150 € de prélèvements
Il vous restait donc 350 € nets.
Avec la hausse de la CSG, la flat tax passe à 31,4 % :
- 12,8 % d’impôt sur le revenu
- 18,6 % de prélèvements sociaux
Le nouveau calcul devient :
500 × 31,4 % = 157 €
La différence est de 7 € sur ce seul versement.
Cela peut sembler faible, mais multiplié par les années et les dividendes perçus, l’impact devient bien réel.
Retrait de capital sur un PEA
Prenons maintenant le cas d’un PEA de plus de 5 ans avec :
- Versements cumulés : 50 000 €
- Valeur actuelle du PEA : 70 000 €
- Plus-value totale : 20 000 €, soit 28,57 % de la valeur du PEA
Vous décidez de retirer 10 000 €.
Seule la part correspondant à la plus-value est soumise aux prélèvements sociaux :
10 000 × 28,57 % = 2 857 €
Avant la hausse de la CSG, les gains étaient soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux :
2 857 × 17,2 % = 491,4 €
Après la hausse de la CSG, les prélèvements sociaux passent à 18,6 % :
2 857 × 18,6 % = 531,4 €
La différence est de 40 € sur ce retrait.
Ces exemples montrent une chose : la hausse de la CSG réduit directement le rendement net, même sur des enveloppes fiscalement avantageuses comme le PEA.
Que faire pour limiter l'impact de la hausse de la CSG sur ses investissements ?
La hausse de la CSG ne vous oblige pas à tout remettre en question. Quelques ajustements permettent d’en limiter les effets.
Dans le cadre d'un compte-titres
Il est possible d’optimiser la gestion de votre compte-titres pour limiter l’impact de la hausse de la CSG.
Première piste : limiter les dividendes
Sur cette enveloppe, chaque versement de dividendes est immédiatement taxé.
Il peut donc être pertinent de privilégier :
- Des actions de croissance qui ne versent pas de dividendes
- Des ETF capitalisant qui réinvestissent automatiquement les dividendes
Deuxième piste : limiter les opérations d’achat-revente
Chaque vente générant une plus-value entraîne une imposition immédiate.
Moins vous arbitrez, moins vous subissez la hausse de la CSG.
Une approche long terme buy and hold devient encore plus avantageuse.
Dans le cadre d'un PEA
Sur un PEA, il n’y a rien de particulier à faire.
Tant que vous ne retirez pas d’argent :
- Les dividendes ne sont pas soumis aux prélèvements sociaux
- Les plus-values ne sont pas taxées
La hausse de la CSG n’a donc aucun impact immédiat.
La seule chose à faire est de limiter les retraits. C’est uniquement à ce moment-là que les prélèvements sociaux s’appliquent.
Conclusion
La hausse de la CSG au 1er janvier 2026 marque une nouvelle étape dans l’alourdissement de la fiscalité des placements financiers. Elle réduit mécaniquement le rendement net des investisseurs, en particulier sur le compte-titres.
Le PEA conserve un avantage majeur pour les investisseurs long terme. Le compte-titres, lui, demande davantage d’optimisation.
Au final, la meilleure réponse à la hausse de la CSG reste la même : une stratégie simple, long terme et une fiscalité maîtrisée.
Et comme souvent en investissement, ce n’est pas le brut qui compte, mais ce qu’il vous reste après impôts !
FAQ
Non. La hausse de la CSG concerne uniquement les revenus issus du patrimoine soumis aux prélèvements sociaux. Le compte-titres et le PEA sont concernés. Un doute subsiste au sujet du PER, qui semble tout de même être concerné.
On ne peut pas totalement l’éviter, mais on peut en limiter l’impact. Utiliser des enveloppes comme le PEA, privilégier les ETF capitalisant et les actions de croissance permet de réduire la fiscalité globale.
Non. Elle réduit le rendement net, mais ne change pas les fondamentaux. Elle renforce surtout l’importance d’une bonne stratégie fiscale.


Le politique qui n’ose pas décider d’économies sur notre budget tape sur les épargnants et notamment l’épargne retraite (PER, PEA, CTO…). Quelle honte !
Entièrement d’accord !